Archives mensuelles : janvier 2018

Gravures sur Métal

Il existe plusieurs moyens de graver une plaque de métal :
– la taille directe (on creuse le métal avec un outil : la pointe sèche par ex.),
– l’eau forte (on creuse le métal avec un acide : techniques de vernis, d’aquatinte, etc.).

Puis, la plaque est encrée, essuyée, avant le passage sous presse.

L’impression sur papier est laissée par la pression exercée par la presse lors du tirage :  c’est l’empreinte en creux qui est imprimée.

Une pointe sèche :

scène de rue

Plusieurs eau-forte … On reste dans l’univers de la danse … la gravue « danse cubiste » s’inspire d’un tableau de Severini :

J’apprécie le côté graphique du spectacle offert par ces quatre bretonnes à la coiffe …

bretonnes coiffées

… ce jardin sauvage, au dessus d’une haie de joncs :

Sculptures sur pierre – 2

Deux sculptures en stéatite :

Sculptures sur pierre – 1

Je sculpte habituellement la stéatite, la pierre plus facile à travailler, la plus tendre, connue aussi sous les noms de « pierre à savon », et de « pierre à talc ».

Quelques unes de mes sculptures avec ce matériau :

J’ai également réalisé cette sculpture en albâtre … matériau qui autorise certains effets de transparence :

 

Alain Derenbourg

 

Depuis qu’il nous a quitté … à la fin des années 90, début 2000 ? … vraiment, je ne sais plus … plus de trace de son travail, de ses peintures … sur internet …il ne reste que ce petit opuscule : Alain Derenbourg en douze touches / par Daniel Percheron, 1998 … un livre de 32 pages bien attachant … c’est tout ce qu’il reste de lui ? … ces peintures doivent bien être quelque part, pourtant.

Il habitait un grand atelier Rue du Télégraphe … un gigantesque tuyau sortait de son poêle à bois, il atteignait le plafond après force circonvolutions, une sorte de liane métallique … comment avait-il pu obtenir ce lieu, lui qui vivait de si peu ? Mystère …

Un côté baroque, provocateur, à la Gainsbourg … il était attachant et caractériel … des jugements à l’emporte pièce, une grosse voix, un gros rire … il lorgnait trop sur la bouteille, il avait une grosse barbe, était devenu corpulent avec l’âge … il savait aussi raconter les histoires … il avait pas mal d’amis quand même, on devait donc l’apprécier malgré ou du fait de ses excès. Je craignais son jugement, je ne peignais que depuis quelques années, il a fait part à mon égard d’une incroyable indulgence.

Sa peinture semble le contraire du personnage public. Elle est étonnamment dépouillée … en recherche d’un certain ascétisme, d’une économie de moyens.

De tout cela, je voulais témoigner ici.

 

 

 

L’Art Brut … je veux dessiner comme un enfant

Notes à partir de l’ouvrage de Lucienne Perry « L’art Brut » (Flammarion)

« Je veux être comme un nouveau-né, ne sachant absolument rien de l’Europe, ignorant les poètes et les modes, presque un primitif »

Paul Klee

C’est en 1945 que Jean Dubuffet découvre en Suisse des dessins et peintures émanant de personnalités inconnues, obscures et maniaques (certaines d’entre elles sont d’ailleurs internées dans des asiles psychiatriques), oeuvres qui ne doivent rien à l’imitation de productions artistiques existantes, mais qui font appel à l’invention la plus spontanée, la plus personnelle.

L’Art Brut est né.

….

Après des siècles de raffinement occidental, qui à terme pouvait conduire à une sorte de stérilité esthétique, les artistes ressentent le besoin d’un retour aux sources. Déjà les impressionnistes (Van Gogh) s’extasiaient devant les estampes japonaises. L’art moderne redécouvre le primitif, l’art africain, l’art océanien Il est rarement fait mention de l’apport de l’Art Brut … et pourtant !

Un étrange paradoxe veut que les nazis (leur Führer était un peintre raté) l’aient habilité à leur insu, quand ils organisèrent l’exposition consacré à « L’art dégénéré » (Entartete Kunst) sous la direction de Goebels (morphinomane pervers, collectionneur secret d’oeuvres honnies par les nazis en public).

Par leur propagande, les nazis cherchaient à démontrer la décadence de l’art « judeo-bolchevique ». C’est ainsi qu’ils avaient mêlé les tableaux de Kirchner, Nolde, Kokoschka, Chagall, Kadinsky … à ceux de malades mentaux, issues le la collection du médecin psychiatre Prinzhorn à Heidelberg.

André Breton parlait de l’Art des Fous, mais Dubuffet refusait cette restriction, il recherchait à rebours d’un art de professionnels et d’esthètes, une fraîcheur, une authenticité, une spontanéité qu’il pensait trouver dans l’art des fous, mais aussi dans celui des gens du peuple et des enfants


Vers 1900, dans la quête du primitivisme, le dessin d’enfant est réhabilité. Plusieurs mouvements artistiques (« Die Brücke », les fauves … et plus proche de nous, le « bad painting ») ont beaucoup emprunté à l’art des enfants qui se caractérise par la simplification de la forme, par le choix des couleurs vives, l’absence de nuances et de modelé, la distorsion de la perspective …

Quelqu’un comme Paul Klee s’inscrit dans cette recherche.

La mosquée de Hammamet – Paul Klee

« Messieurs les critiques disent souvent que mes dessins ressemblent aux gribouillis ou aux barbouillages des enfants. Si seulement c’était vrai ! Ce que peint mon petit Félix vaut bien mieux que tous mes tableaux, car trop souvent chez moi, cela filtré goutte à goutte à travers mon cerveau »

Paul Klee

L’art Brut … art mediumnique ?

Notes à partir de l’ouvrage de Lucienne Perry « L’art Brut » (Flammarion)

En Janvier 1912, de puissants Esprits sont venus se manifester à moi, en m’ordonnant de dessiner et de peindre, ce que je n’avais jamais fait auparavant

Augustin Lesage, mineur du Pas-de-Calais, devenu peintre

Augustin Lesage

Le spiritisme connut un certain succès au milieu du XiXème siècle. Les partisans de cette discipline prétendent communiquer avec les esprits des morts. Ils utilisent pour ce faire un medium, l’art peut figurer au nombre des techniques utilisées. Plusieurs artistes médiumniques sont apparus à cette époque : Augustin Lesage, Victorien Sardou, le comte de Tromelin, Jeanne Tripier …

Le fameux Victor Hugo était lui-même l’un de ses fervents adeptes, et quand il faisait tourner les tables, il « dialoguait » avec Jésus-Christ, Mahomet, Molière …

Le poète possédait de multiples talents, mais sa peinture demeure moins connue. Il utilisait des taches d’encre, des pliages, des grattages, déchirures … pour laisser libre cours à son inspiration, parvenir à une sorte d’état second.

L’ensemble des productions de ces artistes intéressaient beaucoup les docteurs. Non qu’ils s’étaient mis à croire aux esprits, mais ils pensaient déceler dans ces tableaux l’expression du subconscient de leurs auteurs. Un art affranchi du contrôle de la pensée conscient.

Les surréalistes, eux aussi fascinés par ces oeuvres et leurs créateurs, utilisaient la technique de l’art automatique … Vous avez certainement entendu parler du « cadavre exquis ».

….

Mais quand est-il quand l’artiste, lui-même est un fou, ou catalogué par la société et la médecine comme fou, schizophrène ?

En 1921 et 1922, chacun de leur côté, les docteurs Morgenthaler et Prinzhorn publient, une étude sur la production des aliénés. Leur originalité est de ne pas adopter le seul point de vue du psychiatre, mais d’accorder à ces créations une dimension esthétique. Adollf Wölfi demeure l’un de ces artistes les plus connus.

Adolf Wölfi